MY PERSONAL WEATHERMAN : Boys Love et dynamique de pouvoir
Critique de My personal weatherman, une série BL qui dépeint une relation de couple fortement inégalitaire.
Les séries Boys Love aiment les opposés qui s’attirent et les rapports de force dans l’intimité. Cette adaptation japonaise d’un manga pousse le curseur plus loin (trop loin ?) en nous plongeant dans le quotidien d’un couple assez singulier.
Le solitaire et rêveur Yô (Atsuki Mashiko) est tombé amoureux du charismatique et séduisant Segasaki (Kohein Higuchi) à la fin de ses études. Alors que Yô rêvait de devenir dessinateur de mangas mais redoutait de ne pas réussir à en vivre, Segasaki, ambitieux et sûr de lui, lui a proposé un surprenant marché : qu’il vienne vivre avec lui, se laisse entretenir et qu’en échange il le laisse faire de lui ce qu’il veut ! Fasciné par ce garçon dominant, Yô s’est laissé convaincre. On le retrouve quelques temps plus tard chez lui alors qu’il est devenu le bon à tout faire de Segasaki.
Comme il l’avait imaginé, Segasaki a réussi dans la vie et est devenu le présentateur d’une chaîne météo. Il gagne bien sa vie et subvient aux besoins de Yô qui reste enfermé à la maison toute la journée à dessiner… avec la chaîne météo en fond. On découvre à quel point la relation entre les deux garçons est inégalitaire : Yô doit veiller à l’entretien du logis, faire la lessive et préparer des bons petits plats quand son homme rentre du travail. Il ne doit pas broncher et répondre à tous ses besoins. La chose va encore plus loin : l’intimité est régulée. Segasaki a imposé une règle qui consiste à n’avoir de rapport avec Yô uniquement quand un jour de soleil s’annonce !

Une série BL au ton sucré mais ambigu
Ce pitch pour le moins étonnant, filmé de façon banalisée et colorée, a de quoi surprendre. On ne sait pas trop comment se positionner face à cette véritable tyrannie domestique d’autant plus que Yô fait comprendre en voix off que plus le temps passe et plus il en a marre. Segasaki peut en effet , en plus d’être un total macho, se révéler froid, désagréable, l’empêcher d’interagir avec d’autres personnes… On ne compte plus les red flags !
Constituée de 8 épisodes d’environ 25 minutes, la série ne repose pas sur un grand suspense et dissèque l’intimité de ce drôle de couple. On comprend petit à petit que Yô, malgré sa fatigue justifiée, trouve quelque part son compte et qu’il est un garçon d’un naturel soumis qui est très épris de son partenaire. Et que ,quand il veut, Segasaki peut se détendre et être plus sentimental et attentionné.

Un équilibre fragile qui divise
Il manque tout de même quelque chose qui nous rassure vraiment ici : oui ce drôle de couple semble avoir trouvé son équilibre mais on ne peut s’empêcher de rester mal à l’aise alors que cette fiction semble banaliser complètement certains comportements toxiques dans une atmosphère faussement feel good et sucrée. Il y a plus de moments où Yô semble subir la relation que de moments où on se dit qu’il est épanoui dans un amour teinté de BDSM qui échappe à la norme. L’ensemble souffre un peu aussi d’un acting pas toujours au meilleur niveau, d’une réalisation assez générique et d’un aspect sitcom qui ,s’il offre quelques passages amusants, pourra rebuter les spectateurs pas encore familiarisés aux séries BL. Une bien curieuse proposition en tout cas, qui interroge et ouvre la conversation.
Série produite en 2023 et disponible sur la plateforme GagaOOLala
