LA REVANCHE DE FREDDY, film d’horreur étonnamment queer de Jack Sholder
Critique du film La revanche de Freddy de Jack Sholder qui surprend par son esthétique et son sous-texte queer.

La revanche de Freddy : une suite horrifique devenue culte pour son ambiance queer
C’est un film qui mérite d’être redécouvert, en particulier pour les amateurs d’horreur à l’affut d’atmosphère queer. Suite des Griffes de la nuit, La revanche de Freddy montre une nouvelle famille s’installant dans la maudite maison où Freddy Krueger avait fait cauchemarder la pauvre Nancy Thompson avant de changer sa vie en bain de sang. Nous découvrons la famille Walsh et en particulier Jesse (Mark Patton), adolescent blond plutôt charmant qui va être la nouvelle proie de Freddy. Une fois encore Freddy va passer par les rêves, transformés en violents cauchemars, pour faire monter la peur, la terreur et sévir. Mais cette fois il veut aller plus loin et prendre possession de Jesse pour tuer à travers lui.

Une esthétique eighties pop et un homoérotisme omniprésent
On retrouve le canevas et la mécanique du premier volet (la peur et l’incompréhension, l’entourage qui doute du personnage principal qui peut passer pour fou, les cauchemars qui se mêlent de façon de plus en plus troublante à la réalité). Mais ce qui différencie cette suite c’est déjà son travail sur les couleurs, très eighties, presque flashy. Il y a un côté très pop, presque bonbon qui peut détonner avec ce que l’on a l’habitude de voir habituellement. Et au-delà de l’aspect coloré, il y a un filmage homo érotique étonnant et récurrent qui amuse beaucoup. Jesse, le personnage principal, se réveille dégoulinant de sueur et torse nu dans son lit. Il a des goûts musicaux et des posters dans sa chambre que ne renierait pas un ado gay. Quand il se bat avec un camarade au sport on découvre qu’il porte des jockstraps. Un de ses cauchemars met en scène son coach sportif en daddy cuir dont le sort ressemblera à un châtiment BDSM très énervé. Son meilleur ami est filmé avec une tendre sensualité. L’homoérotisme s’infiltre un peu partout et rend l’ensemble extrêmement fun et sympathique.

Le sous-texte queer de La revanche de Freddy et les métaphores des années Sida
Si l’intérêt premier de ce nouvel opus est cet aspect horreur queer auquel on ne s’attendait pas pour un film venant des années 1980, il faut aussi louer l’aspect méchant, sadique, assez ludique des attaques. Et surtout, si on se met à analyser plus en profondeur la chose, on peut y voir des métaphores intéressantes sur l’homosexualité refoulée ou la peur du Sida qui sévissait tristement à l’époque.
Film produit en 1985. Disponible en VOD.
