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Arlt, La langue : « C’était comme revoir la mer »

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Tout a commencé lors d’une première partie d’Holden. C’est là que j’ai découvert pour la première fois Arlt, duo composé d’Eloïse Decazes et Sing Sing. Des textes français à l’écriture délicate, souvent poétique et un style assez inimitable. Un véritable coup de pied au cul de la chanson française traditionnelle, une bizarrerie assumée et des mélodies entêtantes, fragiles, qui gardent longtemps leur parfum de mystère malgré des arrangements finalement assez simples.

Premier titre de l’album, La rouille. Un peu leur morceau phare. Il ne faut pas plus qu’une guitare et la voix de la chanteuse pour atteindre des sommets de beauté. « Avais-tu vu venir Noël ?» demande Eloïse, à la voix magique, une « voix instrument » qui étonne aussi bien sur le disque qu’en concert. Les textes sont souvent tristes et malicieux, la voix évite de prendre parti, on navigue d’une atmosphère à l’autre même si on croit déceler directement une « signature ». Sing Sing ne se contente pas d’être à la guitare, il « soutient » sa partenaire, l’accompagne au chant voire prend le dessus (La honteChâteau d’eau).

Le disque s’appelle La langue. Ces deux-là savent en effet rendre hommage à la langue française mais sont aussi assez forts pour nous donner le même vertige qu’un premier baiser…suivi des désillusions et de la tristesse qui vont parfois avec. Les coups de cœur s’enchainent :Après quoi nous avons risDe haut en basJe voudrais être mariéeLettre morte…Pour avoir multiplié les écoutes de l’album, pour les avoir vus plusieurs fois en live, je peux vous certifier qu’Arlt est particulièrement doué pour s’immiscer dans votre tête, pour vous ensorceler, lentement, tout en finesse, mais sûrement.

Leurs chansons sont intemporelles, parfaites pour les moments de spleen, pour ces dimanches pluvieux où on est un peu nostalgique ou mélancolique. Mon gros coup de cœur : Revoir la mer. Pendant 1mn40, la chanteuse répète « Son corps contre mon corps , c’était comme revoir la mer ». Curieux au départ, puis obsédant. Il fallait oser. Il fallait se dire que ça valait le coup de le répéter. Il fallait y croire. Les premières paroles qui suivent cette répétition : « Et voilà que je te reviens,  neuve. Tu es là, tu ne t’espèrais plus, et c’est bien ». A la fin de ce premier album bourré de talent, on a en effet envie d’y revenir…

Le seul et l'unique rédacteur de Pop and Films ;)