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Aurore de St Baudel « Tokyo l’été » : la plus cool révélation pop de 2020 !

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C’est le gros coup de coeur de popandfilms de cette fin d’année 2020. Aurore de St Baudel délivre avec son premier EP Tokyo l’été un sans faute pop comme on les affectionne tant, aussi sentimental, bien écrit qu’aventureux. Plus on l’écoute, plus on succombe, comme porté par une étrange vague cosmique qui s’empare de notre corps. Mais que se passe-t-il ?!

Sa musique a à la fois quelque chose d’original, d’atypique, d’imprévisible, de frais, tout en restant toujours accessible, catchy, nous entêtant comme par un tour de magie hypnotique.

Peut-être est-ce parce qu’elle incarne en quelque sorte une synthèse improbable et irrésistible de toutes les chanteuses les plus cool de ces dernières années. Si on choisit de se livrer au jeu des comparaisons, disons qu’elle pourrait s’apparenter à une Juliette Armanet sous acide (pour son chant qui joue joliment des aigus, l’élégance de son écriture, son sens de la ballade intemporelle comme pour Dépression dans le salon), une Cléa Vincent de l’espace (son clip perché et onirique pour Mes journées comme ça qui évoque le charme bricolé de Retiens mon désir doublé d’une apparence de girl next door super cool que chaque gay aimerait avoir comme meilleure amie) ou une Vendredi sur Mer de retour d’un week end de teuf à Berlin (pour son hit indé La nuit de Berlin et son attrait pour les synthés et sonorités teintées d’electro).

Souvent on a envie de faire des comparaisons quand on a du mal à qualifier l’univers d’une artiste, qu’on est pris de court. C’est un beau gage de qualité car cela signifie qu’on est face à quelque chose de nouveau, d’étonnant, d’intrigant. Telle une Sebastien Tellier au féminin, Aurore de St Baudel marie pop et electro avec brio pour un résultat pulsionnel à souhait. 

Ici on avait déjà craqué sur le single dansant J’ai toujours vécu là. A priori une piste cool sans prétention. Sauf que jour après jour on se retrouve à l’écouter jusqu’à frôler l’obsession, en transe. Et cet effet on le ressent à travers tous les morceaux de ce premier EP. Tu penses que ça ne paie pas de mine mais chaque subtilité finit par te cueillir et te rendre addict.

Mes journées comme ça, ballade magnétique qui ouvre l’ensemble, résume assez bien ce disque et l’artiste elle-même, sans même le vouloir, alors qu’Aurore de St Baudel fredonne avec son chant singulier et obsédant : « Je peux tout faire. Je prendrai bien mon temps, avant, après, pendant, ça va te plaire ». Et pour nous plaire, bordel ça nous plait !

La nuit de Berlin électrise le corps avec ses touches aussi minimalistes qu’essentielles, merveille d’electro-pop en chanter-parler qui donne envie de déambuler les nuits dans la ville porté par le plaisir de la perte et de l’ivresse. Tokyo l’été ,qui donne son titre à l’EP, est un beau duo surprise avec François Marry (du génial groupe François & the Atlas Mountains) donnant lieu à une ballade somptueuse qui nous colle le frisson et nous touche droit au coeur.

Et il y a enfin et surtout LE hit indé Bourreau de mon coeur, nouvel hymne pour nos coeurs malmenés et autodestructeurs, constituant un summum de cool avec sa mélodie rétro et ses paroles complètement dans l’air du temps : « Bourreau de mon coeur, t’es le bourreau de mon coeur et j’en redemande encore. Bourreau de mon coeur, t’es le bourreau de mon coeur je t’adore. Bourreau de mon coeur, plus j’ai mal et plus je pleure, plus j’adore ». Oh oui Aurore, on t’adore !

Le seul et l'unique rédacteur de Pop and Films ;)