FICTIONS LGBT

BROTHERHOOD de Nicolo Donato : une vibrante passion interdite

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Lars (Thure Lindhardt) est un beau blond danois dont l’ascension au sein de l’armée se retrouve brutalement compromise. Des rumeurs circulant sur sa potentielle homosexualité, il se voit refuser son importante promotion et remet complètement en question son engagement. Lors d’une soirée chez des amis aux opinions douteuses, il fait la connaissance de Michael Fatso, le chef d’un groupe de néo-nazis. D’abord écoeuré par les propos racistes de cet étrange personnage, Lars finit par accepter de converser avec lui et de rencontrer sa bande.

Sans amis, sans repères, le jeune homme finit par trouver ces gens haineux assez sympathiques. Il va progressivement intégrer le groupe ce qui provoquera son expulsion de la maison familiale. Fatso , convaincu que Lars est un élément prometteur, décide de l’aider et le loge avec Jimmy (David Dencik) , son bras droit, dans une petite maison isolée sur laquelle ce dernier travaille. Le courant entre les deux garçons a du mal à passer au départ, Jimmy  étant excessivement distant. Mais voilà que lors d’une soirée de cuite, les deux néo-nazis s’embrassent et couchent ensemble. Débute alors une vive passion qui devra rester secrète étant donné l’idéologie à laquelle ils se sont soumis. Pourront-ils vraiment continuer à s’aimer sans en subir les conséquences ?

brotherhood nicolo donato

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Lauréat du prix du meilleur film au Festival de Rome en 2009, Brotherhood pourrait se résumer facilement à un étrange mix entre American History X et Brokeback Mountain. Nous assistons à un mélo élégant, de facture assez classique mais qui se démarque de par l’intensité de son histoire d’amour. Les deux acteurs principaux étant aussi bons interprètes que craquants, se lançant des regards tendres qui expriment toute leur tendresse et leur détresse, il est difficile de ne pas être emporté. C’est bien connu : les histoires d’amours impossibles sont toujours les plus belles au cinéma. Et on y échappe pas ici.

L’originalité tient bien entendu dans le contexte presque improbable de cette romance gay : un groupe néo-nazi au Danemark. Nicolo Donato nous montre comment les laissés pour compte, les âmes égarées, peuvent adhérer à n’importe quelle idéologie afin de trouver des amis, du réconfort. Mais se lier par la pratique de la violence, du racisme, n’est forcément pas une bonne idée. Les garçons ici se défoulent sur des minorités pour exprimer leur haine vis à vis d’une société injuste et quelque part vis à vis d’eux-mêmes.

Sujet audacieux mais casse-gueule, Brotherhood s’en sort haut la main grâce à un scénario sans faille, une interprétation sobre et chaleureuse et une bonne distance face au milieu évoqué (le sens de la nuance est précieux pour ce type de production). Love story inhabituelle et film habité par le feu de la passion destructrice : on adhère !

Film produit en 2009 et disponible sur la plateforme de Films LGBT Queerscreen

 

Le seul et l'unique rédacteur de Pop and Films ;)