FICTIONS LGBT

ESCORT LIFE (Hooked) de Max Emerson : le prix à payer

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Max Emerson est bien connu des amateurs de beaux mecs : son compte Instagram est suivi par plus d’un million de personnes. Plus qu’un instaboy et youtubeur, cet ultra bogosse fait discrètement son chemin dans des productions à thématique gay depuis plusieurs années. On l’a ainsi vu faire des apparitions dans de nombreuses séries gays indés comme Coffee House Chronicles ou plus récemment Eastsiders. Avec Escort Life (« Hooked » en VO) il signe son premier long-métrage en tant que réalisateur et surprend en racontant le quotidien d’un jeune escort boy aux Etats-Unis.

Jack (Conor Donnally) se prostitue mais ne comptez pas sur lui pour se laisser manipuler par ses clients. Armé d’un caractère bien trempé, le jeune bad boy n’en fait souvent qu’à sa tête et quand quelqu’un essaie de le rabaisser et ne s’avère pas réglo il devient une véritable tornade. La prostitution lui permet de gagner sa vie mais surtout de mettre de l’argent de côté pour financer les études de son petit ami Tom (Sean Ormond) dont il est follement amoureux.

Extraverti et incontrôlable, Jack croise un jour le chemin de Ken (Terrance Murphy), un homme vieillissant emprisonné dans une vie factice. Ken est homo mais marié à une femme qu’il ne désire pas et qu’il n’ose quitter (ils ont fondé une famille ensemble). Longtemps, l’homme s’est persuadé que son désir pour les garçons n’était qu’une passade. Mais il est bien obligé de réaliser qu’il n’arrive pas à réfréner ses pulsions. Bien que leur rencontre n’ait rien de romantique, Ken tombe sous le charme de Jack et décide de le prendre sous son aile. Il l’invite pour des vacances de rêve. Entre eux, une complicité nait mais les choses se corsent quand Jack découvre que son doux sugar daddy n’est pas aussi honnête qu’il ne le prétend…

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Escort Life n’est pas un grand film sur la prostitution, la faute à un scénario un peu classique et une mise en scène plus télévisuelle que cinématographique. A l’évidence, Max Emerson a encore des choses à apprendre côté technique. Son premier long ne manque toutefois pas de charme grâce au personnage attachant de Jack, campé avec brio par le jeune acteur Conor Donnally. Il y a chez lui une belle et touchante fureur de vivre. Le film a le mérite de montrer un personnage de prostitué fort, qui ne se laisse pas faire, malgré des conditions de travail à l’évidence souvent glauques et dangereuses.

Max Emerson s’intéresse à une jeunesse qui pour oser espérer approcher ses rêves se retrouve à vendre ses charmes et se mettre en danger. Escort Life se veut comme une ode aux jeunes gays marginaux. Comme le précise son panneau de fin, les gays sont plus susceptibles que les hétéros de se retrouver frappés par une détresse affective ou matérielle. Si les choses bougent, encore beaucoup de jeunes LGBT sont virés de chez eux, ratent leurs études à cause d’une adolescence contrariée et peinent à se faire une place.

Jack et son amoureux Tom ont des ambitions simples mais les études sont si chères aux Etats-Unis qu’un job de serveur ne suffirait pas. Alors Jack accumule les passes parfois avec des gens fous et menaçants…

L’opposition entre le glauque des situations, les portraits peu reluisants des clients et la soif de vivre du jeune anti-héros est bien amenée et permet de nous tenir en haleine. Une oeuvre qui se savoure avant tout pour son caractère social.

Film produit en 2017. Disponible en DVD aux éditions Optimale et sur la plateforme de Films LGBT Queerscreen

 

Le seul et l'unique rédacteur de Pop and Films ;)