CINEMA

EXTREMELY WICKED, SHOCKINGLY EVIL AND VILE de Joe Berlinger : vénéneux Zac Efron

By  | 

Le film Extremely wicked, shockingly evil and vile (en voilà un titre pas facile !) propose un portrait assez inattendu du célèbre tueur en série Ted Bundy. Et c’est Zac Efron que l’on retrouve dans la peau de ce bogosse terriblement vénéneux.

Liz (Lily Collins), jeune mère célibataire, rencontre dans un bar un bel inconnu, Ted (Zac Efron). C’est d’emblée le coup de foudre et il lui sort le grand jeu. Il est beau, gentil, c’est un amant torride et il s’occupe avec douceur et bienveillance de sa petite fille. Mais alors qu’elle pense avoir trouvé la perle rare, tout bascule quand Ted est suspecté d’être l’auteur d’une série de crimes pour le moins atroces. Derrière son sourire séduisant, son apparence lisse et sa douceur de facade, pourrait se cacher un tueur sadique et profondément pervers.

Dans un premier temps, Liz se laisse rassurer par celui qu’elle aime et qu’elle n’a pas envie d’envisager comme un criminel. Ted lui assure qu’il sortira tranquillement de son procès. Mais les accusations se multiplient et les preuves s’accumulent. Face au doute, la jeune femme est bien obligée de se confronter à une possible réalité, aussi inacceptable soit-elle. Au fil des ans, enfermé, Ted continue de clamer son innocence et profite de son image séduisante et de son charisme pour manipuler les gens autour de lui. Il devient une drôle de figure médiatique, des jeunes femmes s’amourachent de lui.

Aidé dans son obsession de rétablir une innocence qu’il revendique par une ancienne amie amoureuse transie, Carole Ann (Kaya Scodelario), Ted nie en bloc et refuse l’idée de perdre Liz, seule source de lumière de sa vie…

Extremely wicked, shockingly evil and vile Extremely wicked, shockingly evil and vile

Si la mise en scène du réalisateur Joe Berlinger est assez classique, le traitement a le mérite d’étonner. On suit à la fois le point de vue de Liz et de Ted. La première, folle amoureuse, n’a vu que le visage doux et profondément gentil d’un homme cachant potentiellement des pulsions monstrueuses. Le second lui-même refoule sa propre nature et à force de se mentir à lui-même semble plus en mesure de discerner le vrai du faux.

Le projet pourra paraître un poil borderline pour certains car il humanise beaucoup le personnage de Ted Bundy, le rendant sensible et attachant. Un parti pris intéressant qui rappelle que oui, hélas, même si personne n’a envie de l’admettre on peut à la fois être l’auteur des pires atrocités et être complètement dérangé et en même temps être capable de bonnes choses, de pouvoir être bon pour certaines personnes. L’amour de Ted pour Liz est pur. Mais à l’intérieur de ce jeune homme brillant il y a une folie, une barbarie, une perversion, qui font que rien ne pourra jamais redevenir normal.

Extremely wicked, shockingly evil and vile

Zac Efron embrasse très bien ce rôle, plus bogosse que le vrai Ted Bundy, faisant ainsi ressortir cette fascination tordue pour ce garçon d’une redoutable ambivalence. Un mélange mi-ange mi-démon dont on ne se remet pas et qui ne va pas manquer de briser l’existence de celle dont il a fait la femme de sa vie.

Au-delà de ce portrait perturbant, le long-métrage fait écho à cette fascination générale pour les serial killers. Ted Bundy étant devenu une sorte de rock star, de mec amoral et presque considéré comme cool alors que rien qu’une photographie d’un de ses actes engendrés lors d’un de ses pétages de plombs donne aisément la nausée et terrorise.

Film sorti le 3 mai 2019 sur Netflix France

 

Le seul et l'unique rédacteur de Pop and Films ;)