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Fhin nous fait voyager dans le monde des rêves avec l’album « Trauma »

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Après deux EP à l’impressionnante maîtrise (A crack in the eyes et around.away) ainsi qu’une série de live bluffants, Fhin sort après des années d’attente son tout premier album, Trauma, qu’il a enregistré chez sa grand-mère, à la campagne, dans les Yvelines.

On n’est pas surpris d’apprendre que Fhin a étudié l’ingénierie du son tant cet album bluffe par sa faculté à tisser des univers recherchés, denses et surtout oniriques. C’est bien d’un véritable voyage musical dont il s’agit ici et on le comprend dès l’ouverture cinématographique avec le titre Miles. Il ne reste plus alors qu’à s’allonger, fermer les yeux et laisser se dérouler la quinzaine de pistes qui nous baladent avec une rare sophistication à travers des atmosphères changeantes.

Fhin mêle electro pulsionnelle (Trauma, Monster, 2h06) , neo-soul langoureuse (Love attack, Lights would be better) , épopée qui évoque les grandes heures du trip hop (fallin fallin), splendeur pop (A song with my dog – la chanson préférée de popandfilms) ballades superbement tortueuses (Where’s the fire, The shape) et rêves musicaux hypnotiques (I’ll figure it out, Off your hand). Le résultat est franchement magnifique, d’une sensibilité rare qui nous touche parfois au plus profond de notre être (Off your hand m’a par exemple laissé avec une sacrée chair de poule et les yeux tout mouillés). Un peu comme si à travers ces pièces qui nous perdent à travers les chimères, nous invitent à dessiner dans nos songes des univers infiniment poétiques, Fhin pansait les blessures des âmes et de l’existence.

Si le disque s’appelle Trauma, il a un effet extrêmement doux, réconfortant. Quand on sait que parmi les influences revendiquées de l’artiste on trouve James Blake, Pink Floyd, Radiohead ou Disclosure on n’est pas surpris de la qualité de ce premier LP à la grâce obsédante. L’album envoûtant et indispensable de cette fin d’année 2020. 

Le seul et l'unique rédacteur de Pop and Films ;)