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IL ETAIT UNE SECONDE FOIS : Gaspard Ulliel dans une sombre passion

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Série surprise diffusée par Arte à la rentrée 2019 (et qui va à terme être dispo sur Netflix), Il était une seconde fois est une véritable curiosité dans laquelle Gaspard Ulliel tente de rectifier le tir après avoir perdu celle qu’il aimait. Une passion sombre et originale.

Vincent Dauda (Gaspard Ulliel) est un jeune et beau trentenaire travaillant dans une boutique qui vend des aquariums. Cela fait un moment maintenant que ça ne va pas fort pour lui : il ne se remet pas de sa séparation avec sa copine Louise (Freya Mavor). Avec elle, il a partagé une passion intense devenue vénéneuse jusqu’à ce que cette dernière décide de couper les ponts. Flirtant avec la dépression, Vincent voit son quotidien basculer quand un livreur dépose chez lui un colis qu’il n’avait pas commandé. A l’intérieur de ce colis mystère, un cube en bois. Il réalise que quand il met la tête dedans il peut complètement rentrer dedans… et revenir dans le temps. Le cube l’amène en effet plusieurs mois en arrière alors que sa relation avec Louise était encore au beau fixe.

Dans un premier temps amusé par cette découverte, Vincent va de plus en plus se perdre dans son obsession de rectifier ses erreurs du passé. Alors qu’une fois dans le cube il est submergé par le bonheur des retrouvailles avec Louise, la vie présente le rattrape souvent : il a notamment un fils, issu d’une précédente union, dont il doit s’occuper. Et des évènements malheureux vont venir encore plus chambouler ses émotions.

il était une seconde fois série

Le point de départ de cette mini-série française signée Guillaume Nicloux et Nathalie Leuthrau pourrait faire songer à celui d’une comédie romantique mignonne. Il était une seconde fois est à peu près tout l’inverse de ça, déployant une sorte de force noire à l’écran et faisant défiler d’épisode en épisode une passion destructrice. L’aspect irréel du cube instaure une atmosphère enivrante et obsédante. A l’écran, le format de l’image devient carré et on voyage aux côtés de Vincent Dauda au coeur d’un passé qui va se révéler tout aussi compliqué à gérer que le présent. Car les émotions et les sentiments, les réactions d’un être aimé animé par la passion : ça ne s’anticipe pas facilement !

Le rythme est un peu lent et étrange, donnant à l’ensemble un caractère assez hypnotique. Désir et morbide cohabitent alors que Vincent s’accroche au souvenir de Louise. Louise c’est Freya Mavor, grosse révélation (elle a cette intensité d’une jeune Julie Delpy dans « Blanc » de Kieslowski). Un personnage féminin à vif, complexe, sensuelle et mystérieuse. Elle est complètement obsédante, joue en permanence avec le chaud et le froid, entre le contrôle et l’abandon, la dureté et l’extrême fragilité. On comprend que Vincent s’y accroche. Hélas pour les deux jeunes amants, on comprend vite que si leur amour est réel, il les consume complètement. Passée la passion des corps, leurs tempéraments s’entrechoquent et Louise échappe irrémédiablement à son petit ami.

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C’est sombre, il y a quelque chose de très mélancolique voire dépressif, les personnages sont ambivalents et parfois pas aimables du tout… et c’est ce qui fait tout le charme et le sel de cette série vraiment pas comme les autres, qui touche à des émotions et sensations profondes, lancinantes, sur lesquelles on n’arrive pas toujours à mettre des mots. La mise en scène est très belle et « Il était une seconde fois » laisse une véritable trace, comme une blessure qui ne se refermera jamais vraiment. En bonus, précisons si besoin était que Gaspard Ulliel est ici plus beau que jamais, absolument magnétique à chaque plan.

Série diffusée à la rentrée 2019 sur Arte

 

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