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OSMOSIS saison 1 : science-fiction et amour

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Nouvelle série française proposée par Netflix, Osmosis mêle de façon ambitieuse science-fiction et amour. Avec au casting de jeunes acteurs aussi doués que sexy.

Paul Vanhove (Hugo Becker) et sa soeur Esther (Agathe Bonitzer) sont à la tête d’une entreprise high tech visionnaire. Dans un futur proche, à Paris, ils envisagent de lancer « Osmosis » un dispositif permettant à chacun de découvrir qui est son âme-soeur et de s’y connecter pour une osmose totale. Le projet est à la fois séduisant et inquiétant. Et pour cause : il permet à la fois de résoudre l’une des aspirations on ne peut plus universelles au bonheur mais pour y arriver il faut prendre une sorte de cachet qui se greffe au corps et peut éventuellement provoquer des réactions étranges.

Avant le lancement, plusieurs personnes en quête du grand amour acceptent de jouer les cobayes. Parmi eux : Ana (Luna Silva), une jeune femme complexée qui cache une double identité, Lucas (Stéphane Pitti), un trentenaire gay déjà en couple mais se demandant s’il devrait vraiment être avec son actuel compagnon ou plutôt son ex et Niels (Manoel Dupont), un garçon addict au sexe qui aimerait mener une vie plus rangée.

Les premiers résultats sont euphorisants et grisants : chacun est confronté à la réalité inespérée de la révélation de son ou sa partenaire idéal(e). Mais très vite les choses se corsent avec d’étranges dérèglements. Ce que tout le monde ignore, c’est que dans une folle entreprise pour ranimer sa mère plongée dans le coma, Esther Vanhove a implanté dans les cobayes des souvenirs personnels, pourtant consciente que ceux-ci pourraient générer des dysfonctionnements. L’expérience est à deux doigts de tourner au cauchemar. De son côté, Paul Vanhove a ,lui, un soucis très personnel : sa compagne qui lui a inspiré « Osmosis » disparait mystérieusement du jour au lendemain…

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Globalement, la critique française n’a pas fait de cadeau à cette production hexagonale qui ressemble sur le papier à un mélange de « Black Mirror » et à l’oeuvre trop méconnue de l’excellent cinéaste Drake Doremus. Osmosis  a pourtant le mérite d’essayer des choses, que ce soit à travers son intrigue en forme de dystopie charnelle ou via sa mise en scène léchée et plutôt réussie.

Le problème de la série, c’est qu’elle se perd un peu plus d’épisode en épisode dans une intrigue trop dense et éparpillée. La simple expérience des cobayes, tous attachants à leur façon, aurait été suffisante pour nous tenir en haleine le long des 8 épisodes. Mais s’y ajoutent une lutte de pouvoir pour être à la tête d’Osmosis, un mystère autour de la disparition de la compagne du créateur, des secrets de famille… Ca fait beaucoup et on finit par être sceptique face à un ensemble un brin « what the fuck » et de moins en moins crédible. L’aspect science-fiction ne convainc pas totalement, manquant de cohérence et de réalisme. Les personnages d’Ana, Lucas et Niels finissent par être sous-développés et c’est super frustrant ! 

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C’est d’autant plus dommage car cette proposition dans l’ère du temps et originale ne manque pas de qualités. Elle dispose déjà d’un casting hyper séduisant. Côté rôles féminins, Agathe Bonitzer est très bien dans la peau d’Esther, jeune femme rattrapée par ses propres créations. Et Luna Silva fait office de révélation avec un personnage ambivalent et touchant. Chez les garçons, on craque totalement pour Hugo Becker (en mode Jamie Dornan français avec une voix de braise, un vrai charisme et un sex appeal de malade) et Stéphane Pitti (boule de sensibilité qui va de pair avec un physique de bombe sexuelle totale). Et mentionnons le personnage secondaire, qu’on aurait aimé voir plus, de Billie incarné avec brio et ambiguïté par Yuming Hey. 

L’univers créé est pour sa part souvent envoûtant. Avec son atmosphère à la fois futuriste et sensuelle, Osmosis met en scène une société désincarnée ayant perdu ses illusions et cherchant désespérément le frisson amoureux. Elle interroge et montre comment notre tentation de nous tourner vers la technologie et les algorithmes pour résoudre des problèmes peut se retourner facilement contre nous. En viendrons-nous par peur ou par défaitisme à tomber amoureux car une machine nous le certifie ? Pourrait-on carrément en venir à tomber amoureux d’un robot, estimé plus fiable qu’un humain ? Jusqu’où est-on prêt à abuser des technologies pour panser nos angoisses et blessures ? Les sujets abordés sont captivants, le traitement parfois inégal mais l’ensemble reste attachant, disposant d’un étrange magnétisme. Ici on voterait quand même pour une saison 2 ne serait-ce que pour le plaisir de revoir cette super troupe de comédiens. 

Série diffusée depuis mars 2019 sur Netflix

Le seul et l'unique rédacteur de Pop and Films ;)