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Skins, saison 5 (2011) : inversion de la tendance

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Considérée par beaucoup, à raison, comme la meilleure série adolescente créée jusqu’à présent,Skins continue d’aiguiser les curiosités. Se renouvelant tous les deux ans, le show propose pour sa cinquième saison une bande de nouveaux venus, à la fois proches et très éloignés des protagonistes déjà découverts par le passé. La révélation du casting de ce nouveau segment en a fait bondir plus d’un. Beaucoup moins glam, un peu plus réaliste, un peu plus freak aussi. De quoi s’éloigner de la hype qui pouvait peut-être parfois lui porter préjudice.

Ce nouveau chapitre commence fort avec le personnage de Franky (Dakota Blue Richards). Une adolescente très atypique, androgyne, sorte de mini Tilda Swinton. Hyper mature pour son âge, sans doute trop, elle traine sa personnalité singulière comme un boulet. Abandonnée dès la naissance, elle a été élevée par un couple gay.

Son arrivée en ville fait forcément sensation, mais pas dans le bon sens. Elle est, une fois de plus, victime de railleries et suscite le rejet des élèves populaires. Mais on comprend rapidement que la tendance pourrait s’inverser. Car Franky croise le chemin de plusieurs personnes qui pourraient l’aider à enfin s’accepter et évoluer en paix. Il y a déjà ce garçon mystérieux, qui surgit de nulle part alors qu’elle est en train de craquer. Il s’appelle Matty (Sebastian De Souza) et apparaît directement comme une âme-sœur, un objet d’affection potentiel. Et puis il y a d’autres marginaux qui vont la prendre sous leurs ailes, le métaleux Rich (Alexander Arnold) et le fils de paysan ultra potache , Alo (Will Merrick).

En seulement 8 épisodes, les scénaristes vont s’atteler à faire basculer les tendances. Comme dans bon nombre de séries teen américaines, l’opposition entre élèves populaires et rejetés va amener bien des surprises. Rivalités, amitiés inattendues, romances plus ou moins interdites, confusion des genres…

Skins évolue et le fait plutôt bien. Les personnages ici présentés sont moins « fashion », montrés souvent dans des situations peu flatteuses. C’est ce qui les éloignent sans doute de leurs aînés, qui malgré leurs tourments avaient toujours un style très travaillé. Mais comme dit précédemment, il n’y a pas véritablement de rupture de ton. Ca continue à baiser un peu dans tous les sens, à prendre de la drogue malgré un âge très peu avancé, à évoquer des thèmes phares de l’adolescence comme la solitude, la renaissance au sein d’un groupe, comment l’originalité, la différence de chacun, peut s’allier à d’autres profils pour affirmer une personnalité ou au contraire profondément la modifier. Le métaleux ouvre son cœur à une danseuse classique ; la cheerleader est contrainte de délaisser son côté bitch et son cocon pour découvrir la beauté de la marge ; les deux frères ennemis trouvent dans un amour commun pour une fille finalement très banale une voix de réconciliation ; la freak de service se mue progressivement en papillon…

Une fois de plus, chaque portrait d’ado est un régal, porté par une bande-originale incroyable, une mise en scène bien pensée, de l’humour et une sensibilité à fleur de peau. Skins continue ainsi avec brio de sonder le malaise des adolescents tout en assurant un divertissement très pop. La série évolue avec les années, continuant d’afficher une liberté de ton, une audace, assez incomparables. Les personnages magnifiquement posés, on est bien curieux de suivre leur évolution dans la saison 6. Et en particulier celle de Franky, sans doute l’un des plus beaux personnages d’adolescente vu à la télévision depuis des années…

Le seul et l'unique rédacteur de Pop and Films ;)