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TROPHY BOY d’Emrhys Cooper : la fausse vie rêvée d’un influenceur gay

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Le court-métrage « Trophy Boy » s’ouvre sur les posts forcément cool, trendy et sexy d’un influenceur gay. James multiplie les selfies sur ses comptes sociaux, les photos de voyage et de soirées. Il semble avoir tout pour lui et des centaines de milliers de gens suivent sa petite vie. Il n’a pas de travail ni de talent particulier si ce n’est celui d’être joli et de savoir se mettre en scène. Un pur cliché d’Instaboy en somme.

Sauf que finalement cette vie d’ « influenceur » ne lui rapporte pas tant que ça. James dépend en effet financièrement d’un beau daddy avec lequel il sort depuis des années. Quand celui-ci décide d’arrêter leur relation et de le mettre à la porte de son luxueux appartement, c’est la panique !

Si le film pousse un peu les choses à l’extrême (faisant notamment un parallèle entre les jobs d’influenceur et d’escort – les deux vendraient d’une façon ou d’une autre ce qu’ils sont pour de l’argent), il a le mérite de rappeler que ces vies que nous scrutons sur nos téléphones sont loin d’être aussi joyeuses et authentiques qu’elles n’en ont l’air. Et que bâtir sa vie sur son image, faire d’une représentation de soi un métier, c’est quelque chose de vertigineux et de très possiblement toxique.

Les vidéos de Youtubeurs ou d’Instagrameurs qui pètent les plombs, font des mini-dépressions ou parlent de leur mal-être se sont un peu multipliées ces derniers mois. Et ça n’est pas si étonnant : quand on ne se consacre plus qu’à ça, on finit par devenir soi-même un produit, un panneau publicitaire sur patte et on a vite fait de ne plus savoir ce qu’est vraiment sa vie. Ou la fatalité d’un triste narcissisme sponsorisé par des publicités diverses et variées. 

Les réseaux sociaux c’est bien mais n’oublions jamais « la vraie vie » les amis (c’est moi qui dit ça alors que je suis en permanence sur Insta, eeek). 

 

Le seul et l'unique rédacteur de Pop and Films ;)