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VENUS IN NYKES (VÊNUS DE NYKE) de André Antônio : passion panards

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Il y a eu la Vénus à la fourrure et maintenant il y aura la Vénus qui aime les Nikes. Avec Venus in Nykes (Vênus de Nyke), André Antônio nous plonge dans le quotidien d’un fétichiste des pieds, baskets, odeurs et aisselles alternant avec brio l’humour et le torride. 

Le fil rouge de ce moyen-métrage de 41 minutes tient en des visites régulières du personnage principal (campé par André Antônio) chez sa psy. Il tente de comprendre d’où vient son fétichisme, remonte à la naissance de celui-ci alors qu’il était à l’école et qu’un de ses camarades le sollicitait pour un devoir en binôme et faisait prendre l’air à l’un de ces panards, faisant remonter aux narines de son camarade son odeur, suscitant un trouble instantané. 

André Antônio fait un peu tout ici car il incarne tous les rôles : celui de son protagoniste principal, celui de sa psy et aussi celui d’un amant dominant de passage. Plus qu’un egotrip, le fait de tout interpréter peut être perçu comme une façon de nous dire qu’à travers l’exploration de son fétichisme, le personnage d’André se cherche un peu aussi lui-même. 

venus in nykes film

Aux images de mâles alphas en sportswear et autres images à connotation x s’oppose une atmosphère queer et camp avec un certain humour. L’auteur mêle en effet à un fétichisme qui confère au religieux voire au mystique des instants de comédie. Assumant complètement son penchant pour les pieds, skets, aisselles et odeurs, André semble juste vouloir le réguler. Il est si passionné quand il en parle qu’il va peu à peu troubler sa psy, absorbée par ses récits et autres descriptions détaillées. 

À l’évidence réalisé avec peu de moyens, ce métrage traite avec bienveillance et sans tabou d’un fetish partagé par pas mal de gays (on ne compte plus le nombre de comptes Instagram existants sur les panards et André Antônio nous en donne d’ailleurs un aperçu dans ce court). Entre une scène d’ouverture amusante en miroir au Scorpio Rising de Kenneth Anger et un mash up final qui donne le vertige (avec entre autres un mix de scènes x et des extraits de films dont Sebastiane de Jarmane et Un chant d’amour de Genet), André Antônio partage ici son amour du cinéma subversif autant que celui des pieds avec un plaisir contagieux et une insolence qui nous fait ressortir du film avec le sourire et une soif de rencontres kinky. 

Film produit en 2021 et présenté lors de la 27ème édition du Festival Chéries Chéris 

Le seul et l'unique rédacteur de Pop and Films ;)