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Catastrophe fait de son album GONG ! un chef d’oeuvre pop avec ce film Arte

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Catastrophe c’est l’un des plus gros trésors de la pop française actuelle. Une bande d’artistes portée par une folle ambition et sensibilité et qui a le chic pour transformer chaque espace qu’elle investit en fête géante. Quand on voit Catastrophe en concert, c’est un moment toujours unique. C’est mis en scène comme du cinéma ou du théâtre, c’est un show, c’est furieusement vivant. 

La formation a sorti l’an dernier son album GONG !, épopée pop merveilleusement produite où tous les titres déclenchent tout un tas d’émotions. Ayant toujours soigné son univers que ce soit par ses textes, ses mélodies, ses lives ou ses clips, Catastrophe nous balance l’une des plus grosses claques pop de 2021 avec ce film réalisé pour Arte Concert. Avec la complicité du réalisateur Xavier Reim, du scénariste Joris Goulenok et de la comédienne Estelle Desydol, Catastrophe fait de son disque une comédie musicale qui résonne très fort en ces temps où tout le monde connait une forme d’enfermement et de privation. 

Nous suivons l’itinéraire de Fanta (Estelle Desydol) qui se déplace dans un monde fait de béton, une existence confinée, complètement étriquée avec évidemment un couvre-feu de rigueur. La vie est froide, grise, et l’art quasi absent. Cela fait si longtemps que plus personne n’a connu la liberté, la danse, la fête, que les humains ressemblent à des morts-vivants. À part travailler comme des machines ils ne font plus grand chose. C’est alors que Catastrophe se met à conter son histoire en nous invitant à un exercice de concentration pour garder le souvenir qu’ils vont fabriquer pour nous et avec nous. C’est une spécificité de Catastrophe : ils cherchent toujours à rendre leur musique ludique, ouverte, interpellent pour faire entrer l’audience avec eux dans la danse. 

L’album GONG ! se joue sous nos yeux, filmé avec énormément de souffle et transcendé par une série de chorégraphies tellement belles et tellement cool. Aux côtés de Catastrophe, on retrouve le génial duo de danseurs formé par Dorine Aguilar et Clément Gyselinck. Popandfilms aime infiniment ces deux-là (découverts grâce à Vendredi sur Mer qu’ils accompagnaient lors de sa tournée pour des shows qui ont marqué l’auteur de ces lignes à jamais) : ils ont tant de fantaisie en eux ! Les intégrer à ce projet était juste la meilleure idée du monde. 

Ce qui se passe dans ce film relève tout simplement de la magie. Il y a un souffle, une énergie, une beauté, comme on en voit peu. L’effet d’un réveil, comme si Catastrophe et toute son équipe ravivaient la flamme un peu éteinte de nos corps privés de fête et de spectacle vivant. 

Le décor de la société telle qu’on la connait en 2020-2021 est là : enfermement, privation, anxiété, peur de la mort, addiction et folie des réseaux sociaux qui nous aspirent, cadence infernale des vies citadines. Catastrophe évoque les angoisses et les vertiges avec sensibilité et force à travers ses morceaux et y répond avec des messages d’espoir, des sourires, de la danse, des souffles, des mouvements. Ce film-live est une invitation à vivre un moment de musique inoubliable et qui réconforte, insuffle de l’espoir en nous disant à demi-mots que la vie reprendra bien à un moment ses droits et que l’on pourra à nouveau être dans une salle face à ces artistes pour bouger, ressentir avec et grâce à eux. 

L’influence de Jacques Demy et Michel Legrand est souvent palpable, le côté troupe amène quelque chose de vraiment super chouette. L’effet d’un Starmania indie pop plein de vie, de danse et d’espoir où chaque artiste amène sa voix, son corps, ses couleurs. Que dire à part MERCI pour ça, on vous aime, et vivement qu’on ressente tout ça en vrai !

Le seul et l'unique rédacteur de Pop and Films ;)