ALBUMS

Duñe et Crayon « Hundred Fifty Roses » : l’album néosoul de 2020

By  | 

Avec Hundred Fifty Roses, le duo Duñe et Crayon signe l’album néosoul de cette année et aussi l’un des plus beaux disques de 2020 tout simplement. 13 pistes complètement intemporelles qui n’ont pas fini d’habiller nos fins de nuit. Une élégance monstre, une douceur infinie et une atmosphère qui sent tellement l’amour !

Si les textes explorent la masculinité et notamment la masculinité toxique, musicalement tout n’est que beauté et caresse, le chant de velours irrésistible de Duñe n’y étant pas pour rien. Duñe, on l’aime infiniment. Pour son ancien projet electro-poétique Saje (Freefallin’ Dreams reste notamment une merveille inépuisable) et son EP Leos (le titre She’s not fait partie de ceux que j’ai le plus écouté la décennie écoulée, une splendeur electro-soul qui ne m’a jamais fait redescendre de la lune où il m’avait catapulté). Crayon, lui, avait entre autres réalisé cette pépite mélancolique qu’est l’EP Post Blue entre titres originaux touchant droit au coeur et une reprise instrumentale à tomber par terre du Je suis venu te dire que je m’en vais de Gainsbourg.

Duñe et Crayon sont par ailleurs signés chez Roche Musique, mon label electro-groovy préféré (et dont les soirées parisiennes comptent parmi mes meilleurs souvenirs). Bref, un énorme amour pour tout ce projet.

L’ensemble est d’une cohérence folle qui sent un peu la maniaquerie et le génie. Et on part à la fois très loin, dans des univers ouateux et rêveurs et au plus profond de soi. On retrouve enfin une belle liste de guests : Ichon, Swing & PH Trigano, Lossapardo, Gracy Hopkins et Aurélie Saada.

Pour ce qui est de nos morceaux préférés, évidemment le combo The One et Ten Years qui constitue une des choses les plus belles arrivées à nos oreilles cette année. Ces deux ballades ont cette grâce rare qui suspend le temps. On craque aussi forcément pour l’ouverture jazzy-groovy Save Yourself First, le sublime single planant Pointless avec Ichon, le génialement imprévisible Invisible, l’obsédant instrumental Polterguest, le plus franchement soul et cool Ps… Mais vraiment tout est à écouter dans son ensemble, du début à la fin, comme un voyage.

Cette musique hybride, riche, aventureuse fait un bien fou. Elle est sensible, onirique, elle calme, elle est un doux pansement contre tout ce qui peut venir nous oppresser dans ce monde de fou. Indispensable.

Le seul et l'unique rédacteur de Pop and Films ;)