embarquemment immédiat (aka Departures) film gay sur une rupture amoureuse
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EMBARQUEMENT IMMÉDIAT (Departures) : gay amoureux d’un mâle toxique

Critique du film Embarquement immédiat (Departures) de Neil Ely et Lloyd Eyre-Morgan retraçant la douloureuse rupture d’un gay avec un beau mâle toxique. Vibrant.

Une œuvre intime portée par ses créateurs

C’est un film très personnel que délivrent ici le duo de réalisateurs. Lloyd Eyre-Morgan, co-réalisateur, scénariste et acteur principal y retrace une douloureuse histoire de rupture qu’il dédicace à tous ces sales types qui nous ont un jour brisé le coeur.

Une écriture sincère entre humour, douleur avec un montage pop

Le sujet peut paraître plombant mais il est amené avec tellement de sincérité, de souffle, de générosité, porté par une superbe écriture qui n’exclut pas l’humour et une mise en scène pop qui emportent tout sur leur passage. Au point de faire directement de ce long-métrage l’un des meilleurs films à thématique gay de l’année 2025.

Lloyd Eyre-Morgan et David Tag dans le film Embarquement immédiat (Departures)

Benji et Jake : un lien passionnel, complexe et destructeur

Nous suivons Benji (Lloyd Eyre-Morgan), jeune trentenaire plutôt ordinaire et pas très bien dans sa peau car on lui fait parfois remarquer qu’avec son petit bidon il ne va pas beaucoup à la salle de sport. Benji n’y peut rien : il a toujours aimé les bad boys actifs. Et quand il rencontre le beau et ténébreux Jake (David Tag) dans un aéroport pour aller à Amsterdam, malgré des signaux assez évidents de toxicité, il fonce la tête baissée. Il faut dire que Jake est très sûr de lui, bourré de charme, gaulé comme un Dieu, sentant la testostérone à des kilomètres. Il joue parfaitement au chaud froid avec Benji, parlant de filles mais ayant vis à vis de lui des regards et attitudes ambigües. Leur première fois va être amorcée en compagnie d’une femme, Jake proposant à Benji de le regarder en action avant de lui donner enfin ce qu’il attend. Mais il prévient d’emblée : il n’est pas gay, il ne cherche pas de relation sérieuse ni de tendresse. S’il était raisonnable, Benji arrêterait les frais, mais il est déjà ensorcelé…

S’il refuse de s’engager, Jake – qui travaille dans le milieu sportif et gagne très bien sa vie – lui propose de se voir régulièrement pour voyager ensemble à Amsterdam, toujours dans le même appartement et paie tout. Se déploie progressivement une passion torride (Jake ne se contente pas d’être hyper viril, c’est aussi un domi au lit) qui va faire vivre à Benji de véritables montagnes russes émotionnelles. Et l’amener vers une inévitable destruction.

embarquement immédiat, film de Neil Ely et Lloyd Eyre-Morgan oliver sublet dans le film departures (embarquement immédiat)

Un regard lucide sur les mécanismes d’attirance et d’auto-destruction

L’idée du film est de se replonger pleinement dans une passion destructrice, d’analyser les faits, de chercher à comprendre pour mieux avancer. Si Jake est pointé d’emblée comme le briseur de coeur, plus on avance plus on comprend qu’en réalité les torts sont un peu plus partagés qu’ils n’en ont l’air. Benji l’avoue lui-même : il est naturellement attiré par des hommes à la masculinité toxiques, dominants, nébuleux, et n’arrive pas à se réfréner. C’est un auto-destructeur et cela se confirme après sa rupture où il va aller à 200% dans la déchéance et continuer à rencontrer via des applis des mecs dominants et vénéneux. Les gentils garçons trouvent peu de grâce à ses yeux. Il veut de l’intensité, de l’inaccessible, s’oublier en remettant le contrôle à l’autre. Jake, lui, est pour sa part petit à petit déchiffré : ayant grandi livré à lui-même, ayant découvert la sexualité sous le prisme du rapport de force, n’assumant pas sa bisexualité, il est lui aussi auto-destructeur et emporte dans sa chute le garçon sur qui il a jeté son dévolu.

david tag dans embarquement immédiat (departures)

Un film vibrant, authentique et profondément émouvant

Extrêmement touchant, magnifiquement interprété par deux comédiens parfaits, ce film brille grâce à sa plume qui sent le vécu et parvenant à être à la fois hyper personnelle et profondément universelle. Les personnages sont très bien dessinés, on ressent toute les émotions, un certain recul permet de nombreuses respirations avec une bonne dose d’humour malgré les émotions qui s’emballent. Lloyd Eyre-Morgan se livre entièrement, sans fard, n’ayant pas peur de montrer ce qui n’est pas glorieux et cela rend son histoire et son personnage vulnérable complètement attachant. Et l’ensemble a cet esprit pop (cool bande-originale à l’appui), très vif, vibrant. Aucun doute que de nombreux gays vont se reconnaître et en ressortir émus.

Film produit en 2025 et présenté au Festival Chéries Chéris 2025

Bande-annonce

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