LEVITICUS, le film d’horreur gay marquant de Adrian Chiarella
Critique du film Leviticus de Adrian Chiarella.
Un film d’horreur gay original et intense où l’être que vous désirez le plus peut devenir une menace.
Pour son premier long-métrage, le réalisateur australien Adrian Chiarella marque directement les esprits. Il s’attaque au sous-genre rare du film d’horreur gay et aborde avec originalité et intensité le thème de l’homophobie.
Dans une petite bourgade d’Australie, nous suivons Naim (Joe Bird), un adolescent un peu introverti qui craque pour l’un de ses camarades de classe, Ryan (Stacy Clausen). Alors que les deux garçons se rapprochent, Naim découvre le frisson des premiers sentiments. Il va toutefois vite redescendre en surprenant plus tard Ryan avec un autre garçon, le fils du pasteur du coin… Blessé, Naim va « balancer » les deux garçons. Dans leur petite ville très bigote, l’homosexualité n’est pas du tout acceptée, loin de là. Ryan et son amant se retrouvent contraints de participer à une étrange cérémonie pour éradiquer leur homosexualité. Suite à cette intervention, un étrange et très inquiétant phénomène se passe : les deux garçons se retrouvent poursuivis par une entité maléfique qui a pour particularité de prendre l’apparence de la personne qu’ils désirent le plus pour les amener à coucher avec elle et de les tuer ensuite !
Alors que Naim, toujours amoureux de Ryan, essaie de comprendre ce qui lui arrive, il va se retrouver lui-même démasqué et poursuivi par l’entité. Dès lors, les deux garçons épris l’un de l’autre se retrouvent dans une situation particulièrement complexe : à chaque fois qu’ils se croisent, ils ne savent plus s’ils ont en face d’eux la personne qu’ils aiment ou une entité malfaisante qui veut leur faire la peau…


Leviticus : entre It Follows, Smile et Obsession
On pense forcément à It follows, un peu à la géniale franchise Smile ou au plus récent Obsession. Les films d’horreur mettant en scène des entités amènent souvent avec brio un grand trouble et c’est le cas ici. L’idée de prendre l’apparence de la personne qu’on aime et désire le plus et d’en faire une menace est absolument géniale et donne lieu dans Leviticus à des moments de très haute tension.

Leviticus et le thème de l’homophobie dans une communauté bigote
Avec cet angle original et malin, le réalisateur tire le portrait peu reluisant d’une communauté bigote qui sous ses airs humanistes n’hésite pas à sacrifier ses propres enfants et de leur faire prendre le risque de mourir plutôt que d’accepter leur homosexualité. Dans un rôle de maman aveuglée par ses croyances, Mia Wasikowska fait parfaitement froid dans le dos.

Une mise en scène intense entre horreur psychologique et désir
Quand on aime quelqu’un, et particulièrement au début d’une relation, chaque fois qu’on le voit c’est le frisson. Ici ce frisson se mêle à l’effroi pour un jeu particulièrement maléfique : l’être aimé apparait mais on ne sait pas si on doit le suivre et combattre avec lui la malédiction ou déguerpir au plus vite car il va nous séduire, nous embobiner, pour mieux nous mener à notre perte.
Ne se reposant pas seulement sur son concept très efficace, ce long-métrage intense s’appuie sur deux jeunes comédiens talentueux qui dessinent des personnages attachants, à la fois portés par leur amour réciproque et terrifiés par un désir qui peut les tuer. La photo est belle, la mise en scène soignée et misant davantage sur l’atmosphère et le psychologique que sur les effets faciles ou le gore. Résultat : un des meilleurs films d’horreurs de ces dernières années et un film d’horreur gay déjà voué à devenir culte.
Sortie au cinéma le 7 octobre 2026.
