ROSEBUSH PRUNING, le film de Karim Aïnouz sur une famille riche déglinguée
Critique du film ROSEBUSH PRUNING de Karim Aïnouz. Une comédie très noire sur une famille aussi riche que sombre.
Réalisateur des remarqués Praia do futuro et Motel Destino, Karim Aïnouz change de style pour ce nouveau long-métrage au casting international très sexy. Très clivant et féroce, Rosebush Pruning égratigne une famille riche très tordue.
Nous entrons dans le film via le personnage de Ed (Callum Turner). Beau jeune homme fortuné, ayant grandi dans une très riche famille (et avec laquelle il vit encore), on le voit se lier fortement d’amitié avec un homme âgé. Le lien est un peu étrange, tendancieux, presque irréel. Mais pas aussi irréel que le quotidien d’Ed et des siens. Il vit avec ses deux frères, Jack (Jamie Bell) et Robert (Lukas Gage), ainsi que sa soeur Anna (Riley Keough) et son père (Tracy Letts) dans une somptueuse maison à l’écart du monde.
La petite famille a survécu à la disparition de la mère (Pamela Anderson) dont on dit qu’elle a été dévorée par des loups. Chacun vit dans l’opulence la plus totale, sans se soucier des problèmes matériels ou de quoi faire de sa vie. Mais bizarrement personne n’ose quitter le cocon familial ou vraiment vivre sa propre vie. Quand le grand frère, Jack, s’avère être le premier à exister hors de sa famille, construisant une relation avec une jeune et jolie musicienne (Elle Fanning), les choses basculent. Jack envisage de quitter la maison et personne n’a envie de le voir partir et de faire changer le fragile équilibre routinier de la maison.

Une famille toxique et des secrets sordides dans Rosebush Pruning
Alors que Jack semble déterminé à plier bagages, envisageant les scénarios les plus fous pour se détacher de sa famille étouffante et toxique, les secrets de chacun se révèlent petit à petit. Le vernis craque et derrière le faste et la beauté se cachent de sombres vérités expliquant pourquoi chaque enfant de la famille est complètement tordu chacun à sa façon…


Karim Aïnouz entre esthétique pop, satire des riches et cinéma transgressif
On pense instantanément au film Saltburn qui nous plongeait lui aussi dans une histoire de famille riche avec un aspect assez morbide ou encore à Canine ou Théorème. Le réalisateur Karim Aïnouz s’appuie ici sur une esthétique très léchée, soignée, lorgnant vers la mode et l’imagerie publicitaire. Tout le monde est beau, très bien habillé, évolue dans un décor qui ferait rêver sur les réseaux sociaux. Mais c’est un mirage car au fond chacun ici souffre et est traumatisé, restant bloqué dans une famille toxique parasite et incestueuse.
Le ton choisi pour traiter de la folie des riches, des secrets de famille sordides et de comment les traumas peuvent rendre complètement déglingué, différent ou fou, peut surprendre : Karim Aïnouz préfère traiter tout cela sous le prisme de la comédie mordante et macabre, le tout saupoudré d’un esprit pop. De quoi en choquer ou en agacer plus d’un.


Le casting de Rosebush Pruning entre charme, folie et personnages perturbants
Si l’on accepte son parti pris gonflé, ses quelques tics un peu branchés et cyniques, on se laisse emporter par ce film assez malade mais bien mené, notamment pour le charme de son casting. Jamie Bell y est comme toujours parfait, beau et retors, et Callum Turner y trouve là un rôle gay bizarre, à la fois naïf, poétique et perturbant.
Film produit en 2026 et disponible sur Mubi
