daddy dearest, critique du film de arthur j bressan jr
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DADDY DEAREST de Arthur J. Bressan Jr. : tournage et souvenirs d’un ex

Critique du film Daddy Dearest de Arthur J. Bressan Jr. avec Daniel Holt. Un film qui mêle désir et nostalgie.

Arthur J. Bressan Jr. occupe une place à part dans le monde du cinéma gay. Sorte de cousin mélancolique de Wakefield Poole, il transforme le cinéma adulte gay en toile pour dépeindre des obsessions amoureuses souvent chargées en mélancolie et en nostalgie. S’il n’est pas au niveau des grands films de cet auteur, comme Passing Strangers ou Forbidden Letters, Daddy Dearest dispose du même charme, de la même mise en scène soignée et des thématiques chères à Bressan.

daddy dearest film gay
richard locke dans le film daddy dearest

Un réalisateur entre fiction, désir et souvenirs

Nous suivons Edward (magnifique moustachu Daniel Holt, auquel on avait déjà succombé dans le film 501 de Joe Gage), un réalisateur de films adultes qui s’apprête à entamer un nouveau tournage dont l’histoire s’inspire on le devine de sa vie personnelle : la vie d’un jeune homme coquin (Dean Johnson) qui bascule lorsqu’il rencontre un daddy avec qui il va partager plus qu’une parenthèse de plaisir (Richard Locke). La vie d’Edward et son cinéma se superposent, comme ce film lui-même tend un miroir de Bressan Jr.

S’il se laisse entraîner par la chaleur du casting avec des modèles très motivés (Dean Johnson et Andrew Dupree) et le daddy star Richard Locke, Edward a l’air d’être encore un peu ailleurs. Et pour cause : il pense encore beaucoup à son ex Bob (Johnny Dawes). Dans son imaginaire créatif ou dans ses fantasmes, cet ex reste partout. La seule chose qui semble distraire Ed sont ses deux voisins d’en face : un couple gay qui a l’air de bien s’amuser au lit (incarnés par les torrides Jan Boscamp et Robert Vega). Ed se plait à les épier avec ses jumelles et aimerait bien les rejoindre… Le film va nous amener à suivre le quotidien d’Edward, le fil de son tournage et son cheminement vers une possible nouvelle romance.

daddy dearest un film gay nostalgique de arthur j bressan jr
johnny dawes dans le film daddy dearest
daddy dearest avec daniel holt
jan boscamp et robert vega dans le film daddy dearest

Une mise en scène sensible entre nostalgie, fantasmes et romance

D’une durée assez courte (1h15), Daddy dearest va plutôt à l’essentiel et n’a pas forcément l’ampleur des oeuvres les plus cultes de son auteur. Mais on retrouve, notamment par de jolis flashbacks, la beauté intemporelle et nostalgique de son cinéma bien plus sensible qu’il n’en a l’air (sans négliger le désir). Le corps et le coeur se marient souvent ici, le moindre fantasme est incarné, animé par quelque chose de plus profond. On retrouve le motif récurrent chez Bressan des jeunes hommes attirés par les daddies. Le long-métrage réserve enfin quelques belles idées de cinéma et effets (dont une prise de poppers parfaitement matérialisée à l’écran).

daniel holt

Mais ce qu’on retiendra surtout ici c’est Daniel Holt, très charmant, attachant, donnant de la matière et de la profondeur à son personnage sans avoir besoin de grand chose. Il est ici magnétique et touchant de bout en bout.

Film produit en 1984 et disponible sur la plateforme Pinklabel

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