HEARTSTOPPER FOREVER : un film pour dire au revoir à Nick et Charlie
Critique du film HEARTSTOPPER FOREVER de Wash Westmoreland. Une fin à l’image de la saga romantique gay : très sensible et tendre.
Après trois saisons (dont une dernière plus tourmentée), Heartstopper arrive à son terme. C’est finalement par un film que tout se clôture. Cette adaptation de romans graphiques aura marqué définitivement une génération d’adolescents et des spectateurs plus âgés retrouvant la candeur, la magie et la sensibilité des premiers émois avec une atmosphère toute particulière.

Une conclusion centrée sur Nick et Charlie
On va commencer par peut-être le bémol de ce long-métrage : en n’offrant pas une saison entière pour dire au revoir aux personnages, les personnages secondaires semblent passer beaucoup plus au second plan et sont beaucoup moins développés. Ce qui peut être frustrant car on s’était bien attaché à certains d’entre eux (notamment à Elle, toujours formidablement interprétée par Yesmin Finney). Ils font ici plus partie du décor et leurs évolutions sont assez expédiées ou servent de moteur à LA romance ultime du show : celle de Nick (Kit Connor) et Charlie (Joe Locke).

Une romance gay toujours aussi sensible et profondément touchante
Et, c’est la bonne nouvelle : difficile de ne pas être séduit par ce dernier acte qui reprend tout ce qui nous a fait craquer pour Heartstopper : énormément de tendresse, une certaine pureté de coeur, de la candeur, du romantisme, sans oublier une extrême sensibilité dans la façon d’aborder l’anxiété et les traumas. Nick et Charlie sont désignés comme « le couple parfait » mais ils savent bien qu’ils ont beaucoup de faiblesses, de failles, et tentent grâce à leur bienveillance et leurs efforts pour communiquer de ressortir toujours plus forts face aux doutes, peurs et autres obstacles.

L’évolution du couple formé par Nick et Charlie
Fidèle à lui-même, Nick est toujours « le petit ami rêvé » : qui n’aurait pas aimé avoir étant ado un si gentil garçon comme copain, une épaule solide contre laquelle s’appuyer ou trouver du réconfort, une figure douce et protectrice, encourageante ? Il y a toujours quelque chose de magnifique dans la façon qu’a Nick de regarder, énamouré, Charlie, de lui donner sa force, de se réjouir de ses succès. De s’inquiéter pour lui aussi en veillant à ne pas être trop envahissant par rapport à ses troubles alimentaires. Mais ce qui est encore plus beau ici c’est que les deux personnages grandissent, évoluent et que dans ce film Charlie apparait plus affirmé, plus sûr de lui, plus en paix avec lui-même. C’est alors lui qui va souvent être amené à rassurer Nick (qui a peur de ne plus lui apporter grand chose maintenant qu’il va mieux), à le pousser à verbaliser ce qui le ronge. Un vrai couple en somme où chacun se soutient. Et aussi une certaine versatilité dans la sexualité (le film nous montrant un Nick qui ne s’enferme pas dans un cliché du petit ami protecteur actif).

La fin de l’adolescence, l’amour et les émotions au cœur du film
L’autre thématique du film c’est la fin de l’adolescence et du lycée. A l’approche de la vie étudiante, d’un premier pas dans le monde adulte, la nostalgie pointe le bout de son nez. Nick et Charlie sont jeunes mais ont presque l’impression d’être déjà un vieux couple. Ils entendent bien les histoires sur l’amour adolescent qui survit rarement au temps. Mais s’ils vont bel et bien douter, ils peuvent encore toujours se donner une chance et se rappeler que chaque histoire est unique.
C’est là que le titre de ce film, « Heartstopper forever » résonne et touche : pour le couple principal comme pour les personnages secondaires, il y a un très joli discours qui est déployé. Cessons d’être si durs avec nous-mêmes, de nous comparer à une norme qui n’existe pas, d’avoir peur des « et si » ou des regards : il suffit tout simplement de laisser vivre les choses, les relations, même quand elles sont imparfaites, quand elles peuvent sembler à contre courant, quand le temps et les évènements semblent être en embuscade. S’il y a bien une chose qu’Heartstopper aura amené à travers ses saisons et ce film, c’est cette invitation à être plus doux envers soi-même et ceux qu’on aime et à aimer tout court. Bien moins nunuche qu’elle n’en a l’air, cette saga romantique diffuse une vague d’amour plus que nécessaire.
Film sorti en juillet 2026 sur Netflix
