TENIR DEBOUT (The Activist) : film noir gay en Lituanie
Critique du film Tenir debout (The activist) de Romas Zabaraukas qui nous plonge dans une enquête au parfum de film noir sur fond de droits LGBT.
Un thriller politique au cœur des luttes LGBT en Lituanie
Le réalisateur lituanien Romas Zabaraukas nous avait séduit avec son cinéma référencé, politique et teinté d’homoérotisme à travers son long-métrage Tomber pour Ali. Le voici de retour avec un récit encore plus engagé (et riche en nuances).
Nous suivons le personnage d’Andrius (sexy Robertas Petraitis), un jeune imprimeur qui partage sa vie avec un militant pour les droits LGBT, Deividas (Elvinas Juodkazis), gravitant avec les hautes sphères du pouvoir en Lituanie. Alors que se profile, dans un climat tendu, une grande Pride, Deividas ne semble pas serein : les opposants et autres extrémistes sont nombreux. Les choses basculent quand un soir, en rentrant d’une balade, Andrius retrouve son compagnon assassiné à son domicile après que quelqu’un se soit introduit chez eux et l’ait attaqué.
Logiquement dévasté par la disparition de son amoureux, Andrius ne peut supporter d’attendre que la Police fasse son travail (si seulement elle daignait prendre les choses vraiment en main). Il décide de mener lui-même son enquête et va infiltrer des cercles extrémistes en se faisant passer pour l’un d’eux. Alors qu’il flirte de plus en plus avec le danger, Andrius se rapproche du haut placé au ministère Bernardas (Vaslov Goom) avec lequel s’esquisse une passion charnelle…

Un film noir queer entre sensualité et paranoïa
Romas Zabaraukas est un réalisateur cinéphile et cela se sent dans ce film qu’on devine fait avec un budget réduit mais porté par la passion. Le cinéaste lithuanien se saisit ici des codes du film noir pour les revisiter avec un regard gay. L’homoérotisme est bien présent avec un héros filmé avec une vraie sensualité. On plonge aux côtés d’Andrius au sein de groupes peu fréquentables et glaçants d’extrémistes opposés aux droits LGBT et le danger monte doucement autant que la paranoïa.

Une variation sombre sur la montée des extrêmes
L’ensemble a du style, un bon rythme et sonde de façon plutôt habile la noirceur de l’humanité en n’épargnant personne. Cette enquête devient un bon prétexte pour livrer une variation sur la montée des extrêmes et une société tristement corrompue où le Mal peut frapper souvent là où on ne l’attend pas. Un divertissement engagé qui a ce qu’il faut de rebondissements pour nous tenir en haleine.
Film produit en 2025. Sortie au cinéma à Paris en exclusivité au cinéma Espace Saint Michel le 25 février
