300 mots doux, film de lucas santa ana
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300 MOTS DOUX (300 Letters) de Lucas Santa Ana : Rupture gay toxique 

Critique du film 300 MOTS DOUX ( aka « 300 letters » / « 300cartas) de Lucas Santa Ana nous plongeant au coeur d’une rupture gay particulièrement toxique.

Après les films Bromance et Journal d’un adolescent, le réalisateur argentin Lucas Santa Ana nous plonge dans un film de rupture à l’esthétique de comédie romantique colorée trompeuse. Vous pensiez que votre ex était la pire personne au monde ? Attendez donc de découvrir l’ex de ce film !

un ex gay toxique dans le film 300 mots doux

Une rupture brutale racontée à travers 300 lettres au vitriol

Nous suivons le très beau Jero (Cristian Mariani), gay masculin un peu cliché (il passe son temps à faire du crossfit avec son meilleur ami gay viril comme lui quand il ne capitalise pas sur de la crypto monnaie). Depuis un moment, Jero est particulièrement heureux : il forme un couple solaire avec Tom (Gastón Frias) qui est un peu son exact opposé (Tom est plus artistique, il est poète, évolue dans un milieu queer et affirme son style fluide). Jero tient leur Instagram de couple sur lequel il partage leurs joyeuses tranches de vie. Mais derrière le bonheur de façade se cache des choses nettement plus ambigües.

Alors qu’il rentre tranquillement chez lui un après-midi, Jero constate que Tom n’est plus là. Il trouve une boîte avec des lettres. Tom lui annonce qu’il rompt avec lui, que tout est fini et va lui expliquer pourquoi. Dans la boîte qu’il a laissé, il y a quelques 300 lettres que celui qui est désormais un ex a pris le temps d’écrire. Chaque lettre correspond au compte rendu d’une journée de relation, sorte de journal de bord relatant, de façon pour le moins piquante, les états d’âme de Tom. Effondré, Jero découvre que depuis leur première rencontre Tom n’a jamais cru en leur relation : il l’a toujours méprisé pour représenter le cliché du gay mascu qu’il a en horreur (mais qui paradoxalement l’attire irrésistiblement dans l’intimité).

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Quête de compréhension après une séparation amoureuse douloureuse

Jero pense un moment jeter toutes les lettres et éviter de s’infliger de se prendre 300 pics en pleine poire. Mais ,très vulnérable, encore amoureux, et n’ayant pas du tout vu venir cette séparation, il a besoin de comprendre et va finalement passer des jours à tout lire, se mettant dans tous ses états. Tom a-t-il été un jour amoureux de lui ou s’est-il moqué de lui pendant toute leur relation ? Epaulé par son séduisant meilleur ami Esteban (Bruno Giganti, vu dans Les agitateurs de Marco Berger), Jero va tenter de comprendre…

300 mots doux, film sur la rupture gay

Un film sentimental cruel porté par un personnage attachant et romantique

Le titre français du film est particulièrement cynique car ces 300 mots laissés sont tout sauf des mots doux et font plutôt l’effet de lames de rasoir. On a rarement autant plaint un personnage qui venait de se faire larguer : si on rigole de bon coeur face au cliché « gay crossfit » que représente Jero, on réalise aussi et surtout que c’est vraiment un mec bien, tout gentil et romantique. Contrairement à Tom qui reste obsédé par les étiquettes et le jugement, Jero est curieux des autres et peut facilement s’enflammer pour quelqu’un qui représente l’inverse de lui.

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Une esthétique douce et estivale qui contraste avec la violence émotionnelle de la rupture

Le film est rythmé par la lecture des lettres et autant de flashbacks qui nous font revivre cette relation, avec les moments de lumières et les coulisses des pensées intérieures de Tom qui font de plus en plus mal et gâchent progressivement tous les souvenirs de Jero. La cruauté extrême de cette rupture et du dispositif du film est contrebalancée par une esthétique douce, estivale et un filmage sexy.

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Lucas Santa Ana explore les tensions entre artistes et jocks dans la communauté gay

Le réalisateur Lucas Santa Ana s’est inspiré d’une rupture personnelle (son ex, qui était artiste, a rompu avec lui en faisant une performance dans la foulée) pour écrire ce long-métrage à la trame étonnante revenant sur la cision dans la communauté gay entre les artsites et les « jocks ». Il a poussé les curseurs au maximum et l’acteur Gastón Frias compose à la perfection un personnage de plus en plus détestable. A l’inverse, la beauté et la douceur qui émanent de Cristian Mariani nous font complètement tomber amoureux du personnage de Jero qu’on a envie de réconforter et dorloter tout du long.

Film produit en 2025 et disponible en DVD et VOD ainsi que sur la plateforme Queerscreen

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