ENTRE DEUX EAUX de Čejen Černic Čanak , film de coming out dans un village croate
Critique du film Entre deux eaux (Sandbag Dam / Zecji nasip) de Čejen Černic Čanak
Portrait d’un jeune homme qui a bien du mal à assumer ses penchants pour les garçons dans un petit village de Croatie.
Dans sa bourgade, Marko (Lav Novosel) est populaire. Il est entouré de sa bande de potes virils, sort avec une fille du coin, est très bon au bras de fer et prépare une compétition dans ce domaine. Il s’occupe aussi de son petit frère en situation de handicap et passionné par les lapins.
Un passé qui refait surface
Dans la région, une montée des eaux survient. Les rivières débordent et il se pourrait qu’intérieurement Marko déborde aussi… Ressurgit d’un coup dans sa vie son ancien ami Slaven (Andrija Zunac) qui était parti vivre à Berlin du jour au lendemain. Slaven vient suite au décès de son père. Les retrouvailles entre les deux garçons sont un poil troublantes, laissant deviner un secret. On comprend petit à petit que Marko et Slaven étaient amoureux et que la mère de Marko, trouvant insupportable l’hypothèse que son fils puisse être gay, les avaient séparés. Elle avait alors outé Slaven, l’amenant à devoir fuir. Et avait alors fait en sorte de pousser Marko à reprendre « une vie normale ».

Un amour impossible au bord du débordement
Tout ce que Marko avait essayé de bâtir se retrouve menacé face au retour de Slaven qui réveille ses désirs enfouis et son identité profonde. Il essaie d’abord d’y résister mais la tentation se fait chaque jour un peu plus irrésistible…
Un drame classique mais touchant
Sur le fond comme dans la forme, ce long-métrage est de facture assez classique et ressemble à beaucoup d’autres films qui ont traité avant lui la difficulté de faire son coming out et de s’assumer en zone rurale. S’il ne brille pas par son originalité, Entre deux eaux est de bonne facture et notamment porté par un joli duo de comédiens. Ce qui finit par nous accrocher c’est la petite magie qui se déploie dès lors que Marko et Slaven sont ensemble. Il y a entre eux quelque chose d’évident et d’adorable. Jusqu’au dernier plan (qui pourrait rattraper tout le film à lui seul par sa beauté simple), cette alchimie rend ce long-métrage modeste attachant.
Film produit en 2025 et présenté au Festival Chéries Chéris 2025
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